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Les jardins de Séricourt
vu par Sophie en février 2007 et septembre 2010

PLAN ET VISITE VIRTUELLE
guerriers
silhouettes trous bois des ombres allée de l'infini cercle de saules
jardin géométrique croix cathédrale de roses allée de la mer topiaires

Yves Gosse de Gorre, après une solide formation à l'école du jardin et du paysage d'Anderlecht (Belgique), met sur pied une entreprise horticole. Dans les années '80, il l'installe avec sa famille à Séricourt. Pour s'assurer l'approvisionnement en plantes nécessaires, il y adjoint une petite pépinière. Et juste à côté, il teste les végétaux qu'il connaît peu, ceux qu'il veut observer ou essayer d'associer. Ce sont les premiers pas de son jardin.
   

Le terrain valloné, peu propice aux grandes perspectives est le terreau idéal pour une création romantique. Mais Y. Gosse de Gorre aime jouer avec les contrastes et surprendre. Il choisit délibéremment de bâtir des jardins de type français, très structurés, tout en rejetant symétrie et perspective traditionnelle.

Dans cet état d'esprit, de 1990 à aujourd'hui, des jardins naissent et s'emboîtent petit à petit les uns dans les autres sans organisation consciente. Avec les années, Y. Gosse de Gorre s'aperçoit qu'un cheminement esthétique et spirituel s'est faufilé dans son oeuvre, presqu'à son insu.

l'allée des vivaces l'allée nostalgique le labyrinthe de graminées le ruban de briques le jardin guerrier le repos du guerrier le conseil de guerre les pleureuses les silhouettes muettes des trous et des bosses le bois des ombres l'allée de l'infini le cercle de saules le jardin géométrique la cathédrale de roses la croix l'allée d ela mer le jardin des topiaires la mare la chambre d'amour sous-bois

Ainsi le jardin jaune (1), situé au centre géographique du domaine, en est le coeur, la matrice. Tel un graine qui germe, l'arabesque dorée jaillit de son enclos comme une énergie créatrice.

Elle engendre deux parties du jardin qui s'opposent. Côté Ouest, les formes sont arrondies et les parcours sinueux. A l'Est, les tracés sont rectilignes et les angles deviennent droits.

La promenade occidentale démarre par l'allée des vivaces (2) prolongée par l'allée nostalgique (3 ). Comme le parcours humain, elles ondulent entre l'appât du gain, celui du pouvoir et la quête de bonheur. Plus à l'Ouest, les itinéraires courbes et complexes de l'existence sont reproduits avec plus d'âpreté et d'opacité encore dans le sous-bois (4), le labyrinthe de graminées (5) et le ruban de briques (6).

Ces élans passionnés aboutisssent inévitablement sur le jardin guerrier (7) où des armées d'ifs s'affrontent et les champs se jonchent de coquelicots. Sur le côté, le conseil de guerre (9), le repos du guerrier (8), plus haut, les pleureuses (10) et le cortège des silhouettes muettes (11) observent le désastre . Les stigmates de l'affrontement sont matérialisés par l'allée des trous (12) et les doutes hantent le bois des ombres (13) . Heureusement, de la minuscule ouverture tout au bout de l'allée de l'infini (14) renaît l'espoir. A l'écart le cercle de saule (15) permet le recueillement.

Passé côté Est, l'atmosphère se calme. La rectitude du jardin géométrique (16) apaise les passions et mène à la cathédrale de roses (17) où règne la paix. Plus loin, un simple chemin tout en douceur, dénué de faste, conduit à la croix (18), amour immense. Sur le côté, les végétaux s'expriment en vagues de joie dans l'allée de la mer (19). Et dans le jardin des topiaires (20), comme dans l'humanité, les diversités se cotoient enfin sereinement et même avec humour.
A l'écart de ces turbulences, il existe des oasis comme la mare (21) et la chambre d'amour (22).

Symbolique ou pas, ce jardin est exemplaire à plus d'un titre.

Original en diable, je n'en connais pas d'équivalent. C'est le jardin d'un créateur qui s'est libéré de toute influence et de tout préjugé - qui oserait parler de la guerre au jardin ? - pour donner corps à son imagination.

Et quelle imagination! Il n'hésite pas à creuser des trous qu'il laisse nus, à boucher ou décaler une perspective, à tailler presque tout ce que croise sa cisaille et cheminer dans un sous-bois de conifères dans lequel on n'y voit goutte ou presque.

Il est beau toute l'année, et plus encore en hiver. La lumière est reine. Quelle soit ténue ou violente, elle y tient le rôle essentiel. Elle sculpte les innombrables surfaces taillées et en hiver quand elle est plus rasante, elle crée des contrasts saisissants.

Pour en savoir plus je conseille vivement la lecture de ce livre dont je me suis largement inspirée:

Yves Gosse de Gorre, Sagesse & déraison au jardin, éd. Ulmer, Paris, 2006

 

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